Le 2 septembre dernier, le photographe et réalisateur Christian Poveda payait de sa vie son engagement à témoigner de la réalité sociale du Salvador, dont il avait couvert la guerre civile au début des années 1980 et où il enquêtait depuis plusieurs années sur le phénomène des « maras ». Ces gangs urbains importés de Los Angeles font de ce pays d’Amérique centrale l’un des plus violents du continent. Un univers tragique et absurde à l’image de l’assassinat de ce journaliste, conséquence de la diffusion massive dans les rues de San Salvador de copies pirates de son documentaire La Vida Loca. Plongée humaniste dans le quotidien de l’un de ces gangs, aussi spectaculaire qu’exempte de sensationnalisme, la vérité de ce film aurait dérangé. Son édition DVD est enrichie de nombreux bonus qui reviennent sur le parcours de Poveda - notamment son premier documentaire, Revolución o Muerte, sur le mouvement de guerilla marxiste salvadorien - et sur le travail exceptionnel qu’il menait auprès des « maras ». De quoi méditer longtemps sur le pouvoir des images.